AMITIÉ DES PEUPLES : LA GUINÉE DONNE UNE LEÇON AU SÉNÉGAL ?

Pour la proximité frontalière et l’interculturalité de leurs peuples, la République de Guinée et le Sénégal sont souvent traités de pays « frères » tant par les médias que par leurs dirigeants. Ces deux pays de l’Afrique de l’Ouest entretiennent depuis belle lurette, les liens d’amitié et de fraternité au nom du panafricanisme longtemps chanté par leurs présidents respectifs : Ahmed Sékou Touré de la Guinée et Léopold Sédar Senghor du Sénégal. Toutes fois, ces relations diplomatico-historiques ont connu des égratignures ces cinq dernières années dues aux dures épreuves que la Guinée a connues avec le passage de l’épidémie à virus Ebola.

C’est pendant les moments difficiles qu’on reconnaît ses vrais amis. Le dit-on.     A peu près trois ans après la sortie de la Guinée d’une élection présidentielle particulièrement troublante, les laboratoires impliqués dans la recherche épidémiologique confirmaient le premier cas du virus Ebola sur le sol guinéen mis mars 2014. Très vite, l’anxiété remonte tant au niveau des autorités que les populations. Les activités économiques ralenties, les cours suspendus dans les écoles et la méfiance gagne du terrain.

D’un côté, une population très incrédule soupçonne « une manœuvre politique » et remet en cause la réalité même du virus qui sévit déjà dans d’autres pays africains comme la République Démocratique du Congo. De l’autre, les autorités en cheval de bataille tentent de convaincre d’abord la population sur l’existence du virus avant de prendre les mesures pour freiner son élan. Telle une pestiférée, la Guinée s’est vue « abandonnée » par plusieurs de ses frères et amis dans cette situation particulièrement difficile.

Alors que la lutte contre cette épidémie devenait de plus en plus rude, les médias nationaux et internationaux annonçaient la fermeture des frontières sénégalaises à la Guinée. Cette rupture marquait alors l’abandon de la Guinée par le Sénégal en pleine difficulté. Ce n’est que le 1er juin 2016 que l’Organisation Mondiale de la Santé a confirmé la fin de l’épidémie en Guinée deux ans après son apparition. Le bilan fît état de 3. 814 cas enregistrés dans le pays avec 2. 544 décès selon Dr Sakoba KEITA, Responsable de la riposte contre Ebola.

LA GUINÉE PLUS SEREINE ET FIDÈLE EN AMITIÉ ?

Depuis décembre 2019, l’épidémie de CORONAVIRUS qui fait des victimes en Chine, s’est très tôt répandue à travers le monde. L’Afrique n’est pas en marge de cette épidémie puisque le Nigéria et le Sénégal vont être cités parmi les pays touchés. Face à ce virus dont le seul bruit du nom crée de l’émoi, les regards des plus curieux sont restés braqués sur la Guinée. La crainte de vengeance commençait déjà à hanter les esprits. A la grande surprise de plus d’un, le pouvoir de Conakry s’est montré prêt à partager cette douloureuse épreuve avec son ami et frère du Sénégal. Une déclaration du Ministre guinéen de la santé et de l’hygiène publique témoigne la sérénité de la Guinée. « Nous n’allons pas fermer la frontière au Sénégal. Ce pays est signataire du règlement sanitaire international. Ce n’est pas parce que le Sénégal avait fermé sa frontière pendant Ebola que nous allons aussi fermer la nôtre. Pas du tout ! On va essayer de renforcer les mesures nécessaires pour la protection de la population guinéenne » Colonel Rémy LAMAH, Ministre guinéen de la Santé et de l’hygiène publique.

En posant cet acte, la Guinée démontre une fois de plus, son engagement à partager les bons et les pires moments avec ses amis et frères africains. Le sens du panafricanisme.

Ousmane Bangoura

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