ÉTUDIER EN FRANCE : AUTOPSIE PAR AISSATOU NOUMOU DIALLO (Étudiante guinéene en France)

A la descente de l’aéroport Charle De Gaulle, un sentiment de joie accompagné de plein d’émotions nous anime. Les formalités finies, nous voilà en face de la situation dans un environnement différent du nôtre. Il est temps de sortir de l’aéroport qui est tout un monde (étendu). Cependant, tout est de la technologie (des écrans d’affichage des différentes destinations et des heures de départ, des panneaux d’indications, des voies de sortie pour différentes directions avec les moyens de transports disponibles), malgré tout et bien que les gens soient gentils, il faut reconnaître l’état d’embrouille dans lequel nous nous situons en tant que nouveaux arrivants.

Après, arrive le besoin de communication, à ce niveau un petit problème d’accent du français parlé en France et celui dans les pays étrangers francophones se pose, le français se parle dans son vrai sens avec une rapidité sans égale, sans pour autant renier l’aspect compréhension, il faut une écoute très attentive pour le comprendre. Plus de temps à perdre, le compte à rebours est lancé, les gens courent par ci, par-là, par peur de rater le train, ou d’autres rendez-vous importants.

Les transports publics

La France dispose de moyens de transport public très diversifiés, à commencer par des infrastructures routières de bonne qualité. Par ailleurs, il faut noter l’une des plus grandes difficultés des étudiants étrangers (particulièrement ceux d’Afrique subsaharienne) qui sont à leurs premières découvertes des moyens de transport public (comme le train, le métro et le tramway) se situe au niveau des transports. Le taxi, qui leur est familier, est à réserver via internet, avec des applications comme Uber, Blabla Car, motocab, etc… Pendant ce temps, la non maîtrise de l’outil informatique et l’internet (GPS) est un autre problème qui rend la situation plus difficile.

Avant de maîtriser tout ce système, il faut noter le nombre de tours que font certains dans les gares ou stations, sans oublier les vas-et-viens et le fait de se perdre et de rater des rendez-vous importants. Par conséquent, une fois tout cela maîtrisé, la mobilité est très facile et pratique, il suffit d’avoir son ticket de transport ou une carte Navigo, pour profiter à fond des transports et découvrir ce beau pays. Mais certains préfèrent tenter de ne pas payer… « Le transport coute cher (30 euro par mois), je ne pouvais payer, je me faisais souvent prendre par les contrôleurs dans le transport, j’ai des amandes depuis 2012 qui sont jusqu’à maintenant pas payées »

Problèmes financiers

La France un pays purement capitaliste, « pas de boulot pas de revenu », les étudiants ne peuvent pas travailler à temps plein car leur statut ne le permet pas. Cependant, bon nombre d’étudiants étrangers se retrouvent dans une situation de crise financière par défaut de ressources. Ceux qui ont le minimum, avec de petits boulots, peinent à payer les abonnements mensuels tels que le transport (carte Navigo), le téléphone, etc. et joindre les deux bouts. Beaucoup connaissent une grande désillusion en voyant tous les frais à payer. Par ailleurs, l’argent sur leurs comptes leur a été prêté pour obtenir leur visa et ne peut donc être utilisé pour s’installer un France. Il est en fait rendu le plus tôt possible à ses propriétaires, laissant les étudiants en état de choc.

Du coup, chacun se trouve une solution face à la situation, les uns par défaut de ressources nécessaires pour vivre, se voient dans l’obligation de rompre temporairement les cours et se consacrer à un petit boulot. Les autres mettent les vacances à profit, avec de petits boulots pour se faire un peu de sous, mais cela ne suffit pas, avec toute l’attente et la pression des nôtres de l’extérieur (au pays) qui nous croient « riches » ne comprenant pas la situation. « Mon plus grand problème financier, c’était le payement de mon loyer, en effet je n’avais pas de ressources suffisantes, je conciliais boulot et études, afin de pouvoir payer mon loyer. J’avais souvent des retards de paiement, je venais en retard en cours et dormais en classe. Pendant que mes camarades de classe révisaient et se reposaient, je grouillais avec de petits boulots pour survivre. Malgré tous les efforts, très malheureusement, j’ai fini par choisir le boulot au détriment des études » témoigne un étudiant.

Déroulement des cours

Un environnement d’étude et d’apprentissage propice, avec le matériel et les dispositifs nécessaires dans bon nombre d’universités et d’institutions d’enseignements supérieurs français, sont mis à disponibilité pour les étudiants. Les cours sont dispensés dans de grands amphithéâtres, des salles moyennes, etc. En fonction du nombre d’étudiants et des niveaux d’études, le déroulement se fait de différentes manières, des présentations sur power point, des conférences débats, des ateliers, des projections de documentaires, etc. Parfois on ne voit pas le professeur, on entend juste la voix.

Par ailleurs, les ennuis de certains étudiants étrangers se situent au niveau de l’adaptation aux outils de travail (utilisation d’ordinateurs, d’internet), le rythme des cours (la rapidité), la lecture avant le cours (articles et documents de 30 pages ou plus, la disponibilités de certains documents en langues anglaises), les travaux dirigés, la remise à niveau des écarts d’enseignement, la découverte des règles strictes vis-à-vis du plagiat et de la manière de citer ses sources… Comme résultats de tous ces ennuis, certains sont perdus dans les prises de notes et par conséquent redoublent leur année d’étude. C’est autorisé en France, mais la plupart des étudiants préféreraient ne pas avoir recours au redoublement.

« Ma première séance de cours, j’ai eu l’impression d’être dans un tourbillon (rire), j’étais complètement perdu, le prof parlait avec les étudiants comme dans un débat ordinaire dans les cafés, je voyais certains qui avaient les ordinateurs ouverts et prenaient des notes, je n’ai rien pu noter »

Problème de logement

En matière de logement, au début il y a une entre-aide, des connaissances, amis, parents, etc. acceptent de nous recevoir en attendant de trouver un logement. Ensuite le système de colocation est très rependu, et permet aussi d’alléger les dépenses de logement (partage des frais de loyer), un système de logement très bénéfique du point de vu financier qui arrange beaucoup d’étudiants dans des situations plus ou moins difficiles. Un autre moyen d’obtenir un logement est le CROUS. On peut avoir un logement dans les campus universitaires, mais à ce niveau aussi il faut justifier des ressources financières pour l’obtenir. Il faut attendre longtemps après une demande de logement étudiant au CROUS vu le nombre exorbitant de celles-ci. Cependant, en général l’obtention de logement de quelques manières que ce soit reste une mission du combattant.

En dépit de tout, il faut noter que la France est un beau pays, très riche et accueillante de par son ouverture au monde extérieur et la diversité culturelle qui la compose. Elle est un vrai réservoir de connaissances, disposant de tout ce dont on a besoin pour étudier. Il suffit d’avoir les moyens nécessaires pour atteindre son objectif d’étude, mais aussi pour découvrir ce beau pays et la merveilleuse ville de Paris. Par ailleurs il faut s’attendre à des SDF qui quémandent le long des routes, dans les gares, les métros…

Source : Alex Holyoake

Certains étudiants enfin témoignent de parcours moins difficiles :

« J’ai été reçu par mon fiancé, ma maman avait mis beaucoup d’argent dans mon compte, du coup je n’ai vraiment pas eu de difficultés, j’ai suivi mes cours jusqu’à la fin et j’ai reçu mon diplôme » témoigne une étudiante.

« Je partageais la chambre avec un ami, on payait 400 euro le loyer, 200 pour chacun en plus je recevais 600 euro de mes parents chaque mois, à vrai dire, je n’ai pas eu de difficulté, j’ai terminé ma licence actuellement je suis des cours de master » enchaîne un autre étudiant.

Derniers conseils

Bon nombre de jeunes gens aspirent à une formation de qualité, dans un environnement propice et adapté. Cependant, seulement l’envie ou l’aspiration au perfectionnement ne suffissent pas, car tout cela nécessite un investissement humain et économique. Ainsi, il faut noter que pour un projet d’étude aboutit en France, l’aide de la famille, les ressources financières, le courage et la détermination sont indispensable.

Aissatou Noumou Diallo est une étudiante en Master 1 Développement Local à l’Institut d’Etudes du Développement de la Sorbonne (IEDES) de Paris 1 Panthéon Sorbonne.

Aissatou Noumou Diallo

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *