71ème anniversaire de la DUDH: la situation des droits de l’homme inquiètent les activistes

La Guinée a célébré ce lundi 9 décembre 2019, le 71 ème anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme.

Cette cérémonie a été l’occasion pour les associations et organisations de défense des droits de l’homme de présenter la situation du pays par rapport au respect des engagements sur les textes internationaux relatifs aux droits humains.

C’est dans ce cadre que le porte parole de ces associations et ONGs a fait une déclaration dans laquelle, il interpelle le président de la République, les partis politiques et tous les acteurs impliqués dans la gestion du pays à œuvrer pour le respect des droits de l’homme.

Ci-dessous, nous vous proposons la déclaration des organisations représentées par l’organisation guinéenne de défense des droits de l’homme.

«La déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée le 10 décembre 1948 par les Nations Unies, est célébrée chaque année à travers le monde.Cette journée est mise à profit par les organisations de la société civile pour mesurer le niveau de réalisation, par les états membres de l’ONU, des droits et libertés proclamés dans cette déclaration et dans l’ensemble des pactes et traités ratifiés et de formuler des recommandations pour une meilleure protection des droits de l’Homme.

En Guinée, les 71 ans de l’adoption de cette déclaration, coïncident avec un certain nombre d’événements importants en matière de droits de l’Homme.

Il s’agit notamment de :

L’adoption par l’Assemblée nationale des codes civils et de l’enfant révisés, de l’adoption par le gouvernement d’une politique nationale en matière de droits de l’Homme et d’une stratégie nationale de prévention des conflits ; de la nomination des juges d’applications des peines pour tenter de mettre fin aux détentions préventives prolongées et de veiller à la libération des condamnés ayant purgé leurs peines dont regorgent les maisons d’arrêt.

Cependant, si nos organisations et associations saluent et encouragent ces efforts, elles restent préoccupées par un certain nombre de situations que sont :

La cristallisation du débat autour du changement de la Constitution qui a engendré des manifestations ayant entraîné au moins 20 morts, de nombreux blessés, des arrestations et des dégâts matériels ; La publication du décret convoquant les électeurs pour des législatives le 16 février 2020, maintes fois reportées. Une date contestée par une partie de l’opposition qui dénonce une fuite en avant au motif que le fichier électoral n’est toujours pas assaini ; le faible engagement des autorités à mener des enquêtes pour faire la lumière sur les violences qui ont caractérisé les dernières manifestations organisées par le Front pour la défense de la Constitution, le retard accusé dans l’organisation du procès portant sur le dossier du 28 septembre 2009 alors que l’instruction est close depuis décembre 2017 ; La lenteur dans le processus de réconciliation nationale alors que le rapport sur les consultations de la Commission Provisoire de réflexion sur la réconciliation nationale (CPRN) a été remis au Président de la république depuis juin 2016 ; Une situation carcérale caractérisée par les mauvaises conditions de détention dans les maisons centrales et d’arrêt dues à la surpopulation carcérale entraînant des décès et des maladies ; L’existence d’un projet de loi sur les associations qui contient des dispositions portant gravement atteinte aux fondements de la liberté d’association et constituant un recul . A cela s’ajoute la suspension de fait de la délivrance des agréments aux ONG et associations qui en expriment le besoin ; Les violations et atteintes à la liberté d’expression et d’opinion se traduisant par des attaques de journalistes, des fermetures de radios, des menaces, harcèlements et intimidations à l’endroit des hommes de médias dans l’exercice de leurs fonctions ;La crise de confiances entre le gouvernement et les partis politiques de l’opposition caractérisé par la rupture du dialogue politique.

Soucieuse de la préservation de la paix, de la quiétude sociale, du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales des citoyens, les organisations et associations de défense des droits de l’Homme lancent un
Au président de la république, garant de la Constitution, pour Cette constitution, sur laquelle il a prêté serment deux fois soit respectée ;

-Son implication personnelle dans la lutte contre l’impunité, à travers la tenue, sous son mandat, du procès du massacre du 28 septembre 2009 ainsi que la poursuite de tous les auteurs et commanditaires de violations des droits de l’Homme ; Le passage à la phase opérationnelle du processus de réconciliation nationale par la mise en place d’une Commission « Vérité, Justice et Réconciliation » conformément aux recommandations de la CPRN; L’effectivité de la liberté de manifestation conformément aux lois de

la république ;

  • Veille au respect des calendriers électoraux tout en s’assurant que les différentes échéances du processus électoral sont organisées dans le respect de la Constitution et du Code électoral ;
  • Veille au respect de son engagement de consacrer son mandat aux femmes et aux jeunes en impliquant effectivement les jeunes aux processus de prise de décision et en leur ouvrant des perspectives pour leur fixation au terroir ; Renforce la lutte contre la corruption sous toutes ses formes ; Veille à la poursuite de la réforme des secteurs de la sécurité et de la justice avec un accent particulier sur le respect des droits de
    l’homme et des règles relatives à l’usage disproportionné des la Veille au caractère républicain de l’administration et en sanctionnant toute prise de position partisane d’un agent de l’Etat dans l’exercice de ses fonctions. La modernisation de l’administration est à ce prix ;
  1. Au Premier ministre, chef du gouvernement pour qu’il:
  • Garantisse le dialogue politique et social conformément au mandant que lui confère la Constitution et qu’il veille au respect et à l’application des accords signés entre le pouvoir et l’opposition d’une part et les partenaires sociaux d’autre part ;
  • Veille au respect par ses services compétents au respect des règles régissant l’exploitation des ressources naturelles conformément aux normes internationales en la matière et qu’il s’assure que les entreprises s’acquittent de leur responsabilité sociale aux plans à la fois environnemental et mise en place de mécanismes fiables prenant en compte les préoccupations des populations riveraines des sites
    miniers ;
  1. Au ministre de la Justice, garde des sceaux pour l’accélération :
  • des procédures judiciaires pendantes devant les juridictions notamment les violences liées aux violences liées aux dernières manifestations organisées par le FNDC et l’ouverture du procès relatif
    au 28 septembre 2009 ;
  • le processus d’élaboration de la loi sur la protection des défenseurs des droits de l’Homme ;
  1. Au ministre de l’Unité nationale et de la citoyenneté pour qu’il
  • Maintienne le rythme de coopération avec les mécanismes africains et onusiens des droits de l’Homme à travers une présentation régulière
    de rapports au niveau de ces mécanismes
  • Vulgarise la lettre de politique nationale des droits de l’Homme adoptée par le gouvernement en vue de son appropriation par les citoyens. Les organisations et associations des droits de l’Homme s’engagent à accompagner son département dans ce travail de vulgarisation ;
  1. A l’Assemblée nationale pour qu’elle
  • Veille à l’adoption et à la promulgation en l’état, des lois de la république tout en s’assurant qu’elles sont respectueuses des droits de l’Homme ;
  • Crée des commission d’enquêtes parlementaires chaque fois que des
    violations des droits de l’Homme sont commises.
  1. Aux partis politiques pour qu’ils
  • Privilégient le dialogue et la concertation, l’éducation citoyenne de leurs militants. Les conflits sont le naturel de l’Homme, mais ils ne sont dangereux que lorsqu’ils deviennent violents et que les parties en conflit ne parviennent pas à trouver des mécanismes pour les contenir ;
  1. A la société civile particulièrement aux ONGs et associations des droits de l’Homme pour qu’elle continue à jouer son rôle de veille et d’interpellation pour le respect des droits de l’Homme.
  2. Aux partenaires techniques et financiers que nous saluons et remercions ici afin qu’ils ne lassent pas d’accompagner la Guinée dans sa quête quotidienne d’une société démocratique et respectueuses des droits de l’Homme où l’Etat dans sa puissance est soumis au droit.
    Conakry, le 10 Décembre 2019

Les ONGs et Associations des
droits de l’Homme

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