À Baltimore, trois hommes innocentés après 36 ans de prison

Trois Afro-Américains, condamnés à la prison à perpétuité dans leur adolescence, ont été blanchis et libérés, lundi, après avoir passé 36ans en prison à la suite d’une erreur judiciaire.

Innocents. Alfred Chestnut, Andrew Stewart et Ransom Watkins ont passé 36 ans en prison pour un meurtre qu’ils n’ont pas commis. Le tribunal de Baltimore a levé toutes les charges qui pesaient contre eux, lundi 26 novembre. “Nous sommes humbles, nous ne sommes pas en colère”, a réagi Ransom Watkins lors d’une conférence de presse à la sortie du tribunal. “Mais cela n’aurait jamais dû arriver et quelqu’un va devoir payer”, a-t-il ajouté.

Les trois Afro-Américains n’étaient que des adolescents de 16 et 17 ans quand ils ont été inculpés, le 18 novembre 1983, du meurtre de DeWitt Duckett. Âgé de 14 ans, le garçon a été abattu d’une balle dans la nuque dans les couloirs de son école, la Harlem Park Junior High School. Au moment de l’enquête, la police a rapidement identifié trois témoins du meurtre qui ont déclaré avoir vu un garçon tiré sur Duckett alors qu’il essayait de lui voler son blouson. Le coupable s’est échappé. Les médias de l’époque ont rapporté la présence d’un seul suspect.

“Les témoins du crime avaient assuré ne pas reconnaître” les accusés

La procureure de Baltimore s’est engagée à ce qu’ils soient dédommagés. “Ce jour n’est pas une victoire, c’est une tragédie qu’on leur ait volé 36 ans”, a ajouté Marilyn Mosby, en s’excusant pour les erreurs commises par ses services.

Le meurtre de DeWitt Duckett avait suscité beaucoup d’émotion. C’était la première fois qu’un élève était tué dans une école à Baltimore. Sous pression, les enquêteurs s’étaient rapidement orientés vers trois anciens élèves : MM. Chestnut, Stewart et Watkins. Ils avaient été vus aux alentours de l’école par la principale du collège et l’un d’eux possédait un blouson identique à celui volé à la victime. Les témoins du crime avaient pourtant assuré ne pas les reconnaître.

Les témoins expliquent avoir subi des pressions de la police

Lors du procès, quatre personnes avaient assuré qu’ils étaient bien les auteurs du meurtre. Malgré les dénégations du trio, les jurés les avaient condamnés à la prison à vie en moins de trois heures de délibérations. Le procureur leur avait reprochés de ne pas avoir montré “le moindre signe de remords ou ni d’assumer leur acte”.

Les quatre témoins sont depuis revenus en arrière et ont expliqué avoir subi des pressions de la part de la police, selon le Mid-Atlantic Innocence project (MAIP), une association qui lutte contre les erreurs judiciaires et a participé à la réouverture du dossier. D’autres témoins ont de leur côté identifié un autre homme, qui est désormais le suspect du crime.

“Tous ceux qui ont été impliqués dans ce dossier – les responsables de l’école, la police, les procureurs, les jurés, les médias et la population – se sont précipités sur les conclusions et ont laissé leurs préjugés étouffer les preuves”, a souligné dans un communiqué la directrice du MAIP, Shawn Armbrust.

Une unité spécialisée dans la correction des erreurs judiciaires au sein des services du procureur de Baltimore a accepté en mai de se saisir du dossier et a rapidement conclu à leur innocence. Elle avait déjà disculpé sixautres innocents au cours des trois dernières années.

AFP

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